Sous moi est mort

Sous moi est mort

Mon beau cheval blanc

Lui que j’aimais

Plus qu’un ami

Au galop il m’emportait

Que de fois nous sommes-nous promenés

A lui je lui parlais

Je suis sûr qu’il comprenait

Il m’aimait comme je l’aimais

Blessé à mort il pleurait

Et moi je le regardais

Et sans rien dire je pleurais

Qu’il était beau mon cheval blanc

Moi qu’il aimait si tendrement

Je l’ai emmené inconsciemment

A cette promenade qui l’a tué

Et maintenant sans cavalier

Mon beau cheval blanc

Se promène seul

Dans un galop bien ramassé

Lui qui ne peut se fatiguer

Michel Bernanos

Michel et Napoléon Bidet Bonaparte, Juiz de Fora

Michel écrivait ce poème au jour du décès de son cheval, fidèle compagnon qu’il surnommait « Napoléon Bidet Bonaparte ». Il se présentait au Comité de la France Libre afin de s’engager auprès du Général de Gaulle dans les jours qui suivirent.