Jorge ICAZA – Equateur (1906-1978)

Le dernier livre lu par Michel avant son départ est Cholos, je le sais grâce à un petit mot laissé à l’intérieur par ma grand-mère. Il y est écrit qu’il avait veillé jusque tard dans la nuit pour le terminer.

Il est dit de ce roman qu’il est superbe, mais très cru. Jorge ICAZA y décrit les conditions de vie des Indiens d’équateur soumis à l’esclavage, sans tabou, cela afin d’inciter à une prise de conscience par le plus grand nombre. Les figures de l’indigénisme de cette époque ont fait bouger beaucoup de choses.

Les conditions de vie des Indiens de l’Amazonas Brésilien dans les exploitations d’hévéas n’étaient pas non plus idéales à cette époque, Michel s’en était insurgé courant 1947.


Icaza est une figure marquante de l’indigénisme dans le récit équatorien. Dans son premier roman, La Fosse aux Indiens (1934), il expose la situation dégradée dans laquelle se trouvent les Indiens d’Equateur, soumis à l’esclavage par des employeurs qui ont le soutien des autorités civiles et ecclésiastiques.

Cet écrit de dénonciation sociale et courageuse est devenu une œuvre fondamentale dans l’évolution du courant indigéniste en Équateur.

Le sommet de son développement artistique a probablement été atteint par Icaza dans l’œuvre Cholos en 1937 dans lequel il décrit un système de domination implacable des élites sur les populations natives et métis de l’équateur.


En 1946, alors âgé de 23 ans, Michel retourne au BRÉSIL. Il y trouve un emploi à MANAUS (Etat de l’Amazonas Brésilien) dans l’exploitation des hévéas principalement destinés à l’extraction du caoutchouc.

Il était chargé de contrôler les balles de caoutchouc rapportées par les Indiens sur un secteur déterminé, pour un salaire particulièrement confortable faisant ainsi office de prime de risque. Il est important de spécifier que cet emploi était particulièrement craint, car celui qui s’attelait trop sérieusement à la tâche confiée était tout simplement assassiné.

Michel négociait ainsi avec les Indiens, qu’il savait largement sous-payés pour le travail effectué, un pourcentage supplémentaire sur chaque balle apportée non trafiquée. Il transformait son secteur en l’espace où l’on trouve les balles les moins truquées d’Amazonie.

Développant des liens profonds avec les membres de son équipe, Michel devra même la vie sauve à l’un d’eux. C’est le cœur lourd qu’il rentrait en France, deux ans plus tard.

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